Les effets du retrait

Les effets négatifs toujours typiques du méthylphénidate (ritalin, concerta), et de la dextroamphétamine (dexedrine, adderall) demeurent la perte d’appétit diurne, la réaction vespérale de retrait "rebond", avec irritabilité, morosité, agitation, puis finalement le retard à l’endormissement, en fonction de la sensibilité individuelle comme du titrage du produit.

L'effet de retrait surprend toujours, car il survient au retour de l'école, au moment des devoirs ou agapes et loisirs de soirée, après l'accumulation de louanges sur la journée. Les formulations plus récentes, (concerta, adderall) en libération ascendante, aggravent légèrement l'effet de retrait, puisque le médicament débute à 20 ou 30%, pour augmenter graduellement sa concentration sanguine, avec les heures, afin de contrecarrer l'effet de saturation neuronale. L'on se retrouve alors avec un maximum de molécules actives, en fin de parcours, utiles pour l'attention et concentration, mais désagréables, pour l'action de retrait, plus sévère.

À cette période, l'enfant peut se montrer particulièrement irritable, et incapable de vivre la consigne, la frustration. L'opposition reprend son droit; la notion de temps, l'anticipation se précarisent et la préparation de la nuit se complique. L'enfant vit à nouveau, sur le principe du plaisir immédiat, et ce n'est pas vraiment le temps de faire de l'éducation avancée, non plus que des activités trop laborieuses.

 

Claude Jolicoeur, m.d
2004