Glenn Gould (1932-1982),

Dans  les grandes personnalités de ce monde, Glenn Gould, pianiste canadien célèbre, paraît une référence digne de mention, dans le caractère hors du commun. Artiste précoce, original, talentueux, il cessera les concertos publiques, dès l'âge de 31 ans, pour s'orienter vers l'enregistrement studio  et n'en être pas moins connu aujourd'hui, lui dont les sonates volent actuellement vers les autres galaxies, à bord du vaisseau planétaire.

On ne connaît trop ses orientations affectives, sexuelles. Toute sa vie, il conserve ce petit banc pliable, surbaissé à sa taille d'adulte qui doit s'allonger les bras comme un enfant au clavier. Il parlait ou chantait en jouant, incapable de contrôle, cauchemar du preneur de son et que  la technologie moderne peine à corriger. Il se vêtait hors saison, frileux par nature, température de pièce à 27 degrés, en tout temps. Mais vraiment créatif toute sa vie, s'émergeant dans de multiples domaines, comme la série télévisuelle, le film documentaire. Il manifestait de nombreux maniérismes, mais se plaisait aussi avec son entourage.

Il fit don de sa fortune pour moitié au Toronto Humane Society et autre moitié à l'Armée du Salut, dans un testament préliminaire incomplet, surpris un an plus tard, à 51 ans, par une mort subite avec hémorragie cérébrale. Glenn Gould se retrouve souvent dans la classification d'Asperger, en raison de ses manières souvent bizarres, souvent captées par la caméra  indiscrète et intrusive de ses film documentaires. Mais à la lecture de sa vie bien détaillée par l'excellent biographe Kevin Bazzana, il faudrait croire davantage à une hyperactivité et opposition subclinique, compte tenu de son éparpillement légendaire, son laisser-aller personnel, son opposition aux valeurs traditionnelles, ses multiples intérêts, parfois erratiques.
Il n'hésita pas à jouer les Variations Goldberg de Back, connues pour leurs extrêmes exigences techniques, à promulguer des compositeurs modernes de la musique dodécaphonique (atonale de 12 sons), comme Schöngerg, Hindemith (école allemande), au même répertoire d'auditeurs peu avertis.
Références: Glend Gould, Une Vie, par Kevin Bazzana, Boréal, 2003.

Claude Jolicoeur
2005