Le monde de l'adulte                                                        
Les manifestations du TDA/H adulte sont multiples et varient en fonction du tempérament primaire de chaque individu, de l'introverti à l'extraverti. Le diagnostic sera donc basé sur des indices cliniques, une histoire personnelle, bien davantage que des tests objectifs servant d'outils d'enrichissement et d'orientation, non pas de confirmation absolue.
Dans le profil général, l'on retrouve constamment une tendance à l'éparpillement des intérêts en dehors des situations d'urgence et une notion temporelle axée surtout sur l'instant présent. Bien qu'avec le vieillissement, la sagesse de l'âge, la notion de prudence s'installe et s'impose, faisant de l'aide auxiliaire une nécessité.
Le déficit de l’attention devrait se dire autrement, davantage " une variabilité de l’attention, en fonction de la motivation immédiate ". Ensuite, en raison du tempérament propre de la personne, pourront apparaître d’autres différences telles l’agitation motrice, l’opposition, l’impulsivité, voir même l’anxiété et la dépression.
Cette condition doit se distinguer de la rêverie, de la distractabilité ou du lunatisme. Il s’agit d’un fonctionnement mental qui n’arrive pas à focaliser sur un seul point à la fois en situation de routine, hors l'urgence, et se laisse envahir par les stimuli secondaires, non-sollicités, par l’individu. Un processus actif, envahissant, et nullement passif comme il semble en apparence. Il entraîne une nette tendance à l’éparpillement, et l’incapacité d’accomplir et terminer la tâche assigné. Il s’accompagne alors d’un forte propension à l’improvisation, en fonction du principe du plaisir, dans un présent infini, sans conscience temporelle du passé ou du futur. Ainsi l’anticipation et l’introspection font défaut sur le champ, mais surviennent en après-coup, sous le poids des conséquences négatives.
La frustration sera d’autant plus grande, et  la colère explosive que la limite de réalité apparait dans l’inattendu, la surprise totale comme toujours une première fois, sans préavis.  

Dr Claude Jolicoeur

Beaucoup d'intérêt
Objet : TDA/H
Dr. Jolicoeur
J'ai lu avec beaucoup d'intérêt vos articles sur le site WEB consacrés au trouble du déficit attentionnel (TDA/H). Je suis un homme de quarante-huit ans, ingénieur de profession, et en lisant vos articles, je n'ai pu que constater la ressemblance frappante entre les traits typiques que vous décrivez dans vos articles et ce que j'ai vécu depuis ma tendre enfance, ce contre quoi je me bats depuis toutes ces années. Plusieurs fois au cours de ces années, j'ai cherché de l'aide, mais sans grand succès. Ni moi ni les quelques professionnels que j'ai consulté n'avons semblé mettre le doigt sur ce qui ne va pas. Et bien sûr, personne ne m'a parlé de TDA jusqu'à ce que je tombe là-dessus presque par hasard.
C'est un entrefilet dans les nouvelles à la télé qui m'a mis la puce à l'oreille. J'aimerais savoir si vous pourriez faire une évaluation de mon cas, combien ça coûte, et si vous ne le pouvez pas personnellement, me recommander un professionnel compétent en la matière, de préférence sur la rive sud de Montréal?
J'attends votre réponse avec impatience
Robert, février 2001

Celui qui s'endort
Monsieur
Depuis longtemps déjà, j'éprouve des problèmes avec mon attention ou ma concentration.
Entres autres je n'arrive souvent pas à comprendre quelque chose à faire du premier coup, par exemple réaliser différentes étapes d'un travail à exécuter. Je suis incapable de fonctionner tant que la dernière minute n'est pas arrivée. De plus, lorsque j'essaie de me focuser sur ce que je dois faire, j'ai un manque total d'intérêt, j'essaie de me distraire en faisant d'autres choses qui n'ont rien à voir avec le travail que j'ai à faire ou sinon je m'endors la dessus. Je dois aussi mentionner que j'entreprends souvent des choses sans jamais les compléter. Comme paradoxe, j'ai une très bonne mémoire pour me rappeler de faits, d'événements et de sujets qui m'intéressent.
Il est vrai que je performe mieux lors des situations d'urgences mais souvent il est trop tard parce que je n'ai pas assez de temps pour exécuter toute la charge de travail que je dois effectuer, mes idées se bousculent en même temps et je deviens plus agité. Je vois que le ritalin est souvent mentionné dans votre site cependant plusieurs personnes prétendent que l'on peut devenir très dépendant à ce médicament lorsque l'on est adulte.
Mes deux questions sont:
-Est-ce que d'après vous je suis atteint d'un déficit de l'attention?
-Existe t-il un produit autre que le ritalin pour régler ce problème?
Merci, oût 2001

Désorganisation
Objet : Je viens de lire votre texte sur Internet...
Docteur
Suite à des recherches effectuées avec Copernic, recherches entreprises après avoir vu un reportage sur la chose ce soir à TVA. Je ne pensais pas que ça pouvait se poursuivre après l'adolescence, je croyais que ça se résorbait avec l'âge adulte. Ecoutez: Tout ça, ce que vous décrivez, c'est moi. Désorganisation, idées qui fusent, sentiment d'urgence et performance et pouvoir de concentration seulement dans des situations extrêmes : problèmes d'attention, anxiété etc....Mais vous devez vous demander pourquoi je vous écris : C'est que je n'ai pas de médecin de famille, que j'oublie toujours de prendre rendez-vous avec un médecin ou je les remets toujours à plus tard, aussi parce que je ne prends pas le temps de prendre soin de ma personne. Mais voilà, je n'ai pas bien compris ce qu'on peut faire pour régler ce problème: Médication ou discipline de vie ? Moi je ne peux pas me discipliner, il n'y À rien à faire : Je suis toujours aussi brouillon...Donc, par quoi commencer ? Où devrais-je aller, et à qui dois-je parler ? Surtout que je ne parle jamais de mes affaires à personne...Je n'ai pas l'habitude de déranger Le monde avec mes problèmes. En tout cas. J'apprécierais bien si vous pouviez m'aiguiller vers un hôpital, ou un médecin ou je sais pas quoi, mais là il faut bien que je fasse quelque chose.
Merci à l'avance.
Benoît, janvier 2001

Fatigué de lutter
Objet : psychiatre compétent?
Bonjour monsieur Jolicoeur
Je suis étudiant d'université, à vingt-neuf ans. Ces derniers mois ont été particulièrement prompts à me repousser dans mes derniers retranchements (psychologiques?). Je suis donc naturellement tombé dans une phase d'introspection à la fois consciente et inconsciente. (Cependant, ce n'est pas la première fois.) Je suis fatigué de lutter contre moi, ou plutôt contre ce mur que je ressens quand je dois faire quelque chose qui demande une certaine concentration, fatigué d'être le perpétuel dernier à remettre son travail, fatigué de la procrastination, fatigué de reprendre confiance en moi après tous ces déboires.
Je sais qu'il y a quelque chose qui ne va pas, mais quoi? J'ai donc entendu parler de l'hyperactivité d'abord par le biais d'une amie qui fait son postdoc en neuropsychologie puis par d'autres amis qui eux sont "hyperactifs" et finalement dans un reportage télévisé. Quand j'étais enfant, le pédiatre qui s'occupait de moi avait dit à ma mère en détresse que j'étais hyperactif.
Mais il semblerait qu'en France il ne s'agisse que d'une façon de décrire en enfant qui est agité, turbulent et un peu cancre. Je me suis d'abord documenté sur le net (votre site entre autres) où, stupéfié, je n'ai trouvé que des textes me décrivant parfaitement, puis après quelques semaines de grande réflexion j'ai décidé de consulter un médecin. Je ne savais pas que l'on pouvait m'aider!
Le problème est que le psychiatre que je devrais rencontrer à la clinique universitaire n'est libre que dans 2 mois, que d'après le médecin que j'ai consulté, je suis VICTIME d'une MODE (le RITALIN que je ne connaissais pas avant le mois dernier) et surtout que je n'arrive plus à faire face aux exigences scolaires auxquelles je suis confronté. Le simple fait d'avoir lu les différents textes sur l'hyperactivité et le trouble déficitaire de l'attention m'a permis de mieux comprendre la source de mes problèmes et aussi de me déculpabiliser un peu.
Monsieur JOLICOEUR, je vous demande donc, si vous le pouvez, de me conseiller un médecin psychiatre compétent en la matière et pour le mieux, efficace. (je sais, je suis impatient).
Par avance merci,
Veuillez croire, Monsieur Jolicoeur, en l'assurance de ma considération
distinguée.
David, 2002

J’ai le goût d’être quelqu’un
" Quand j’étais petite, j’étais lunatique et l'on me disait que j’étais paresseuse. Si ça ne m’intéresse pas, je ne retiens rien. Je suis oublieuse, comme encore avec les clés de l’auto. Je dois souvent vérifier. Je fonctionne depuis des années avec des listes. Si je ne n’écris pas, je ne me souviens pas. Mais j’essaye toujours d’être parfaite. J’ai donc développé des manies.
Pendant des années, j'ai été pigiste en télé, cinéma, car je fonctionne assez bien en urgence.
Dans la routine, je m’ennuie. Je n’arrive pas à faire des choses que je n’aime pas comme le ménage. Je travaille, depuis l'an passé, au secrétariat d'un pensionnat : au début j’aimais, c'était nouveau: il fallait tout organiser, mais, cette année, j’oublie souvent, je fais des erreurs. Je manque d'intérêt.
J’ai le sentiment de pas être comme les autres. Je rumine mes pensées tout le temps du matin au soir. Je vois toutes les chances que j'ai manqué dans la vie.
Je cherchais ce que j’avais. Je n’entreprenais plus rien de peur de frapper un mur. Au fil des années, je ne trouvais plus rien qui me fasse " performer ". Je changeais souvent d’objectifs. Je passais souvent à côté, dans le vide. Ces quatre dernières années, je me suis promenée d’une place à l’autre. Une fois que j’ai bâti quelque chose, je n’ai plus d’intérêts. Je me fatigue rapidement de mes emplois. J'aimerai vivre comme la plupart des gens.
À la suite de la lecture de vos documents sur le web, je me suis reconnue et je veux en savoir plus. Si je suis une de ces adultes qui subit le TDA, je veux apprendre comment vivre avec lui".
6 mois plus tard:
Avec prise régulière de médication :
ritalin 20 mg sr, matin et 10 mg (régulier) pm
Aujourd'hui plus organisée et inscrite en cours de bureautique depuis quelques mois:
Encore
"Je panique facilement, surtout avant un examen.
J'ai peur de ne pas faire les liens.
Je ne peux pas apprendre par cœur comme les autres.
J'ai l'impression de ne pas y arriver.
Mais finalement je retrouve tout dans mes petits casiers du cerveau.
J'ai besoin de trop posséder la matière.
J'en ai jamais assez même avec 100%.
J'ai besoin de tout savoir.
J'écris avant l'examen: je passe à 70%, je passe à 70%,…..", pour me fixer une limite raisonnable.
Mais aussi:
"Je rumine moins, comme me dire que j'en ai pas fait assez aujourd'hui.
Je suis moins insatiable.
Je suis plus consciente des conséquences futures.
Avant je n'imaginais pas le future.
Maintenant c'est une étape à la fois.
Je parle plus de mes choses personnelles.
J'ai encore la bougeotte, mais je fais une chose à la fois.
Je me sens moins coupable de n'avoir pas pu être couturière comme ma mère, ou écrivaine, cinéaste.
Je classe davantage certaines activités dans les passe-temps.
Je mets maintenant des limites, comme repousser un travail au lendemain.
Avec la médication, j'ai le goût d'être quelqu'un".
Une dame de 44 ans, novembre 2000

J'aimerais savoir
Objet : TDA adulte
Bonjour Docteur Jolicoeur
Je viens de consulter, avec stupéfaction, votre site sur le TDA chez l'adulte. J'en ai pris connaissance suivant un court reportage sur le sujet aux nouvelles de ce midi.
Je consulte actuellement mon médecin pour un arrêt de travail dû à l'épuisement, anxiété... et mon psychologue, pour la même raison, incluant un suivi pour une dépression reliée à la perte de mon emploi, il y a 3 ans (et ce malgré que j'aie trouvé un meilleur emploi depuis).
J'ai imprimé certains de vos documents et je les ai remis à mon psychologue lors de ma visite de ce midi. Il a d'abord avoué son ignorance sur le sujet (adulte). Puis, après lecture, il me confirme qu'il semble que je possède presque tous les critères de diagnostic du TDA chez l'adulte. Il parle de ce dossier avec mon médecin cet après-midi et m'en redonne des nouvelles à mon rendez-vous de mercredi prochain.
J'aimerais savoir:
a) si le formulaire de pré-évaluation contenu dans votre site a été conçu pour être compléter par ordinateur et retourner à votre attention via courriel?
b) J'aimerais savoir si vous pouvez me référer une ressource dans la région; mon psychologue m'avoue ne pas être la personne ressource pour intervenir advenant que le diagnostic se confirme.
Merci à l'avance,
Marc, un TDA épuisé qui veut guérir, janvier 2002

Je crie au secours
Bonjour monsieur
Voici mon histoire.
Depuis que je connais ma femme, j'ai eu des hauts et des bas comme dans toutes les vies de couple.
Nous avons eu un enfant et elle s'en occupait à la maison. Depuis janvier, c'est la garderie pour le petit et le retour sur le marché du travail et également sur le banc d'école pour ma femme avec tous les stress que de tels initiatives comportent.
Mais voilà que les bas de la vie se sont accentués de façon drastique avec des scénarios toujours semblables. Au point où j'ai commencé à m'informer à gauche et à droite sur les désordres d'ordre psychologique.
Elle me faisait toujours part de certaines difficultés d'attention soutenue lors de son retour à l'école. Alors, j'ai acheté tout dernièrement un livre sur "Comment améliorer votre attention". En le feuilletant, j'ai lu sur le déficit d'attention, ce qui m'a incité à fouiller davantage et... à me rendre à l'évidence.
Les suggestions de critères du Dr Halowell (document de votre site web) ne peuvent mieux coller à la situation. S'il fallait mettre un pointage sur les 20 critères, seul le vingtième (antécédant familial) aurait un bas pointage quoique son père me laisse dans le doute.
Et là, je crie au secours ! Cette semaine a été la pire de toutes: les symptômes dans tous ces états. Faire des oublis importants et changez de sujets 20 fois dans une conversation en l'espace d'une minute, je peux vivre avec cela. Mais le manque de communication, l'irritabilité, les sautes d'humeur de la dépression à la colère démesurée souvent dirigée contre moi et je vous épargne le reste... sont beaucoup plus difficile à vivre !
Connaissez-vous un spécialiste dans ma région pour les cas d'adulte ? J'aimerais pouvoir en discuter avec lui.

Juin 2001

Je souffre
Monsieur,
Je viens de lire le texte sur les symptômes du déficit d'attention. J'avais l'impression de relire ma vie. Je vis la totalité des symptômes que j'y ai lu. Souvent, j'ai pensé qu'il me fallait quelqu'un ou quelque chose pour me guider car je me disais que je n'avais pas tous les outils qu'il fallait pour m'en sortir. Je vis des échecs à tous les niveaux de ma vie et peux remercier Dieu d'être encore là pour vous écrire. On m'a toujours refusé cette aide et on m'a souvent dit que je n'avais pas à être pris par la main pour arriver à faire ce que je devais faire.
À 50 ans maintenant, je ne peux tolérer ces échecs plus longtemps. J'ai ce profond désir de m'en sortir même si cela doit se passer à 60 ans et plus. Je crois que j'ai droit à la réussite et à goûté à quelques instants de bonheur. Être bien dans sa peau pour une fois.
Je suis une thérapie de groupe avec des psychiatres d'un hôpital mais ça n'a aucun lien avec le déficit d'attention. J'aimerais savoir s'il y a des groupes qui existent et si vous pouvez me référer à un endroit où on pourrait m'aider. Je ne suis pas très à l'aise financièrement donc je ne peux considérer une thérapie où j'aurais à débourser de l'argent.
Je viens de commencer un nouvel emploi avec de très grandes responsabilités et je sais que je me dirige vers un autre échec comme un criminel se dirige à l'échafaud.

Merci de votre attention, mai 2001

Les notes virevoltent
"J'ai toujours eu de la difficulté à me concentrer. Plusieurs conséquences en découlent. J'oublie ou ne remarque pas beaucoup de choses; ce qui m'empêche de pouvoir affirmer telle ou telle chose. Je ne suis jamais sûre de ce que j'affirme. Je manque beaucoup de confiance en moi. J'oublie souvent des choses qui peuvent être importantes. J'ai déjà oublié d'aller donner un cours et j'oublie souvent d'aller conduire mes filles à leur cours. Je dois toujours me revérifier constamment. Je passe régulièrement du coq-à-l'âne, ce qui fait que j'ai toujours plusieurs activités en marche en même temps. J'essaie de me discipliner mais ça ne marche pas longtemps. J'oublie ce que j'avais décidé et je prends une autre décision. Sur le marché du travail, j'ai de la difficulté à surmonter le stress face aux exigences de celui-ci. Je prends beaucoup plus de temps à faire les choses car je me trompe souvent. J'essaie toujours de m'améliorer, de les faire différemment: ce qui prend encore du temps et me détourne de ma tâche originale. J'ai souvent de la difficulté à établir des priorités et à les respecter."
"Depuis que je prends du ritalin, ma vie se modifie tranquillement. J’ai commencé à réorganiser ma maison, chose que j’essaie de faire depuis toujours sans grand succès. Les solutions me sautent soudainement aux yeux. J’arrive à savoir ce que je dois garder ou jeter. Je retrouve des solutions de rangement que j’avais déjà trouvé auparavant et oublié aussi vite. En deux jours, j’ai réussi à réorganiser les deux chambres de mes enfants. Je ressens le besoin de m’organiser et je commence à être capable de le faire. Je commence à prendre conscience de mon "bordel". Partout dans la maison, j’ai des choses qui sont commencées, accumulées et oubliées là. Avant je ne les voyais pas et la plupart du temps, j’avais oublié que je les avais commencées.
Les solutions, maintenant, s’imposent à mon esprit sans que j’aie à faire un effort de concentration surhumain comme avant. Longtemps j’ai dû débroussailler mon esprit pour arriver à grand peine à des résultats. Je devais tout écrire pour pouvoir ordonner mes idées et ne pas les oublier. Tout est si difficile sans ce médicament miracle.
Bien que je ne fasse que commencer le traitement, je perçois déjà ce qu’aurait pu être ma vie si j’avais eu accès à ce médicament avant. Les idées ne se bousculent plus au portail comme avant. J’arrive à m’organiser dans ma vie quotidienne sans que ce ne soit un projet en soi. J’ai tout décoré la chambre de ma fille et j’ai fini le travail dans un temps normal, l’ensemble est une réussite. Je peux enfin me décider à commencer un petit projet et à le terminer dans un temps normal. Je commence à me rendre compte que probablement je pourrais arriver à faire les choses à la même vitesse que les autres. Je me trompe déjà beaucoup moins quand je remplis une tâche. Il me reste néanmoins beaucoup de chemin à parcourir. Je n’ai pas encore gagné confiance en moi, un nouveau défi me fait encore très peur. Je sais intellectuellement que je peux faire de grandes choses et au même moment ma peur de l’échec m’empêche de foncer et d’essayer.
À chaque fois que je commence quelque chose, j’ai toujours le sentiment qu’on me demande plus que je suis capable de faire. Je sais que je suis intelligente mais on dirait que la commande dépasse toujours mes capacités. Les attentes des autres envers moi sont toujours au-dessus de mes capacités réelles. Je dois toujours travailler deux fois plus fort que tout le monde pour performer de la même manière que les autres. Je réagis d’ailleurs très mal à ce genre de pression. J’espère que le ritalin me permettra de pouvoir enfin réaliser mon plein potentiel. J’ai toujours été pleine de promesses mais je n’ai jamais réussi à être à la hauteur de celles-ci. Depuis des mois, j’essaie de jouer au piano, un morceau de Bach. Je lis les notes depuis très longtemps mais je n’arrive pas à les mémoriser pour pouvoir me concentrer sur l’interprétation. Je me trompe tout le temps! C’est difficile de jouer un morceau lorsque les notes dansent dans ta tête et que tu penses à tout sauf à jouer. C’est un morceau qui dure une dizaine de minutes, plus qu’il n’en faut pour partir dans la lune et oublier l’endroit où on est rendu.
Avec le ritalin, les notes se disciplinent, instinctivement; j’ai séparé le morceau dans ma tête et j’ai ensuite subdivisé ces sections en mesures ou groupes de mesures de façon à pouvoir me rappeler les difficultés ou particularités de chacune de ces sections. Ce n’est pas un travail que j’ai fait consciemment, je m’en suis rendu compte après l’avoir fait. Le ritalin n’est certes pas la panacée à tous les maux. C’est cependant un outil qui me semble indispensable pour pourvoir poursuivre ma démarche personnelle. Sous l’effet de ce médicament j’arrive à organiser ma pensée et à établir des priorités. Des choses que le commun des mortels fait sans même s’en rendre compte. Je me sens revivre. C’est comme si à 44 ans les portes de la vie commençaient enfin à s’ouvrir. Je crois que dans ma tête, j’avais un peu abandonné mon combat quotidien. J’ai maintenant de nouveaux outils pour poursuivre ce combat et vaincre cette incapacité perpétuelle qui nuit à mon évolution et à mon épanouissement."
Celle dont les notes virevoltent
Document écrit au Dr Claude Jolicoeur le 22 novembre 1999.
Version pouvant être publiée sur son site internet.
Droits réservés

Médecin hyperactif
Quand l'on observe les activités de certains collègues, la question se pose souvent, sans recevoir de réponse trop précise. Parce que généralement le collègue manifeste un compétence peu commune, accomplit des défis surprenants, et qu'il suscite l'admiration.
Mais il y avait cet homme qui, raconte-t-il, avait réussi ses études médicales, sans jamais participer directement aux cours magistraux, trop ennuyants, trop inactifs, selon son besoin d'action immédiate. Il avait préféré se procurer les notes de cours et en faire l'étude dans les cafés et les bistrots. Il lisait d'abord toutes les références, puis le cours lui-même, avant d'affronter l'examen, sans aucun problème. Il advint qu'il se présenta trop tard, à la mauvaise journée, pour avoir un peu perdu la notion de temps. Il fallait donc qu'il soit en mouvement ou se situe dans une situation stimulante, pour mieux conserver son attention focalisée sur le seul sujet de son choix. Il ne pouvait faire une chose à la fois, mais se devait de vivre la compétition des stimuli.
Maintenant dans sa pratique clinique, il ne pouvait uniquement écouter son patient, mais aussi l'avertir que tout en écrivant, bougeant et allant d'une affaire à l'autre, il ne perdait rien du récit des malaises.
Pour lui, le TDAH entraînait des symptômes inusités, comme des palpitations cardiaques, une sudation importante et une anxiété flottante que la médication, assez récente,  réussit à faire entièrement disparaître.
Cette histoire exprime bien en soi que le traitement TDA/H ne saurait être une affaire simple, qu'il ne s'agit pas de proposer l'abolition des stimuli, mais plutôt de choisir, selon chacun, la manière de faire.
Un autre jeune homme fit toutes ses études médicales, mais n'arrivait jamais à finaliser les examens finaux, par incapacité d'organiser ses soirées d'études et se préparer adéquatement au dernier défi de passage, devant se contenter d'un travail frustrant d'assistant médical, malgré des connaissances étendues.
Même si la médication organisait mieux son temps et son espace, elle ne suffisait pas à sauter un dernier palier professionnel.

Médecin pour m'aider
Objet : Difficultés de l'attention
Cher Dr Claude (Tanguay)Jolicoeur
Alors je crois que cela m'aiderais de trouver un médecin pour peut-être m'aider. J’ai perdu plusieurs emplois à cause de mon manque d'attention, et cela me dérange de plus en plus. J'ai trente six ans, cela me fait un peu peur. Pour ne pas déranger mes employeurs, j'ai décidé de participer à un programme d'aide aux travailleurs autonomes. J'ai fait deux certificats, l'un en art plastique et l'autre en arts et sciences (psychosociologie). J'ai fait un Dec, mais il me manquait deux cours pour le finir.
Depuis des années, j'y ai travaillé six mois et je me suis tannée. J'ai fait un DEC au collège ensuite, j'ai travaillé un an et j'ai perdu l'emploi. J'ai trop de projets. On me dit que je m'ennuierai jamais, mais ce n'est pas le cas. Étant jeune mon père m'a dit que l'on m'avait évaluer brillante (+moyenne) mais dans le concret ce n'est pas le cas. Je ne m'organise pas assez, en tant que fille je suis le vrai mouton noire du ménage. Pourtant je suis très propre. Socialement, je dit trop ce que je pense ou je fais la coquille. J'ai peu d'amis. Je suis très impatiente parfois, mais j'oublie vite. Je ne sais pas si c'est mon éducation paternelle ou autre.... En résumé, je ne m'estime pas assez et j'ai essaye de m'aider avec une psychothérapeute déjà. Cela m'a aider un peu mais mon assurance a pris fin avec l'emploi.
SVP, connaîtriez-vous un médecin disponible pour un rendez-vous?
Merci de votre attention.
Danny, 2001

Mouton noir
Bonjour docteur,
J'ai été agréablement surprise de trouver votre site. En effet, j'ai toujours sur que j'avais quelque chose qui ne tournait pas rond, et récemment j'ai visité le site www.addmirablewomen.com où j'ai enfin réalisé ce qui pouvait être ma "maladie". Toutefois, mon conjoint ne lit pas un mot d'anglais, alors je vais enfin pouvoir lui faire lire les symptômes et lui faire comprendre que ce n'est pas de ma faute si je "fais des crises" et que je ne "l'écoute pas quand il parle".
Toute ma vie, on m'a exclue, j'ai été un mouton noir. J'ai été élevée dans les années '80, où toute "bonne" mère se devait d'avoir une carrière à l'extérieur du foyer. Pourtant, ma mère était une battante de son époque, et m'a élevée à la maison, malgré les commentaires hautains des autres mamans et, surtout, des professeurs. À l'école, je pleurais pour un oui et pour un non. On riait de mon nom de famille, je pleurais. On me traitait de bébé parce que je pleurais, je pleurais. Plus je réagissais et plus on m'agaçait et me tiraillait, évidemment. Certaines années ont été moins pires que d'autres, cela dépendant de l'expérience du professeur: je vivais l'enfer avec un jeune prof de 25 ans sorti de l'université, mais c'était tolérable avec les enseignants ayant plus d'ancienneté. Chose certaines, je passais toujours mes récréations seules, avec un livre ou une corde à sauter pour une personne, et recevant parfois un ballon-chasseur perdu sur la tête. Les professeurs, eux, me reprochaient de ne pas écouter car je ne les regardais pas, ou je lisais un livre en plein cours. Parfois, je parlais sans raison, mais toujours en levant la main. Par exemple, dans un cours de maths en deuxième année, j'ai déjà levé la main pour dire: "J'ai un chat qui s'appelle Raisin". Pourtant, j'écoutais, mon statut de première de classe en était la preuve. Mais ils m'ont envoyée voir psy sur psy à cause de mon comportement: pleurer, ne pas écouter en classe, etc. Les profs mettaient ça sur le dos de ma mère: elle ne m'envoyait pas en service de garde, donc je n'étais pas sociable! Quand mon père est parti, elle a du travailler et m'a mise au service de garde, rien n'a changé: j'envoyais chier les monitrices et je préférais lire des BD que de jour en groupe.
Au secondaire, c'était un peu le même scénario. On m'agaçait, je réagissais, alors je devenais chaque année le souffre-douleur de ma classe. Une fille couchait avec tout le monde et ce n'était pas grave. Mais moi j'avais le "kick" sur un gars, je donnais un bisou sur la joue, et le lendemain j'étais officiellement une pute. Plus on riait de moi et plus je devenais agressive. En secondaire 3, j'ai découvert Internet et je suis devenu "accro". Je créais des sites Web où j'écrivais beaucoup, et j'avais une cyber-relation avec un américain. Tout cela n'améliorait en rien ma concentration car, en classe, je ne pensais qu'à une chose: rentrer chez moi pour faire de l'Internet. En secondaire 4, ça s'est replacé car je m'étais fait deux amies. Les seuls problèmes que j'ai eu ont été que j'envoyais promener les professeurs. Un jour, dans un cours de "choix de carrière", ils parlaient des D.E.P. (diplôme d'études professionelles) et je faisais mes exercices de français. Le prof me dit d'écouter et moi je lui dit: "Écoute gros tas, moi je sais que je veux aller à l'université, alors tes D.E.P. j'en ai rien à foutre". Des épisodes comme ça me faisaient récolter des retenues, mais dans l'ensemble j'étais heureuse. Mais l'année suivante, en secondaire 5, mes deux amies ont changer d'école, pour faires des DEP justement, alors je me suis retrouvée toute seule et personne ne voulait m'accepter dans sa gang. Pourquoi? Parce que j'avais les notes des "nerds", donc je ne pouvais me tenir avec les "délinquants", mais j'étais trop "délinquante" pour les "nerds".
Vivement le cégep, que je me disais... ça n'a pas été bien différent! Bien sûr, je ne me faisais plus achaler et tirailler, mais c'était plutôt des coups bas. Par exemple, j'écrivais un article pour le journal étudiant et je faisais une grave faute d'inattention. Personne ne me le disait, tout le monde remarquait mon erreur qui me faisait paraître stupide, mais je l'apprenais des mois plus tard: "Plein de monde ont parlé de ton erreur". Aussi, j'avais un ami homosexuel, mon premier vrai meilleur ami, alors j'en était très fière et j'en parlais tout le temps. Résultat: la rumeur a éclaté que j'étais lesbienne. Ce qui est faux, car j'ai eu mes premiers "vrais" chums au cégep. Deux de ces relations ont duré trois mois, les gars étant incapable de m'endurer. C'étaient des gars de gang, et ils trouvaient que je me comportais bizarrement avec leurs amis: pas de conversation, regarde une seule personne quand je parle, incapable de rester assise à la même place longtemps, etc. Durant mes années de cégep, j'ai également perdu deux emplois, tout deux dans des firmes de sondages: les répondants qui m'engueulaient, pour une fille susceptible comme moi, ce n'était pas l'idée du siècle!
Puis j'ai connu mon conjoint actuel. Ce n'est pas facile au quotidien, mais cela fait deux ans que nous vivons ensemble. Il travaille très fort pour finir son DEC et nous donner une qualité de vie. Quant à moi, je suis téléphoniste à temps partiel au Réseau Admission, et j'étudie en création littéraire à l'université, également à temps partiel. Parfois au travail, je fais des erreurs et je m'impatiente avec les clients, mais pas trop souvent, et nous avons un bon syndicat. À l'école, j'ai un peu de difficulté à finir mes projets, j'ai une bonne vingtaine de textes inachevés, mais j'arrive à avoir de bonnes notes comme toujours, et j'ai une meilleure amie qui est un peu comme moi même si elle n'a pas à proprement parler de déficit d'attention. Comme je l'ai dit, mon conjoint travaille très très fort, c'est moi qui ai le plus de temps libre pour m'occuper des tâches domestiques mais j'en suis souvent incapable: j'oublie tout, j'ai les mains "pleines de pouce", j'oublie de donner les coupons-rabais à l'épicerie, etc. Alors il doit tout faire. De plus, je ne pourrai jamais conduire.
Ma mère a longtemps pensé que j'avais le Syndrôme de Tourette, mais je ne sacre pas (enfin, pas plus qu'une autre personne) et je ne suis pas obsessive-compulsive. Quand j'ai dit à ma mère ce que j'avais, elle s'est rendu compte qu'elle aussi avait eu les mêmes symptômes toute sa vie. Savoir ce que l'on a, c'est déjà un bon bout de chemin de fait, non?
Sophie, janvier 2003

Nouvel espoir
Objet : demande de renseignement.
Cher monsieur
Votre site me redonne espoir. Je viens de lire plusieurs textes de votre site et également, deux témoignage dont l'un m'a particulièrement touché: " celle dont les notes virevoltent" me reconnaissant tellement à travers son récit. C'est tellement ...les mots me manquent ...je suis encouragé. J'ai 43 ans, je suis technicienne forestière. J'ai laissé un emploie très rémunérateur car je ne me sentais pas capable de le faire.
J'avais toujours l'impression que mes tâches étaient trop lourdes pour moi. Je n’arrivais jamais à me concentrer sur un simple bulletin d'information au bureau ...ça me rendait très angoissée et je ne me sentais jamais à la hauteur jusqu'au jour ou j'ai craqué et tout abandonné. Et ce n'était pas la première fois que j'essayais de laisser cet emploi.
Finalement, pour faire une histoire courte. L'anxiété, le manque de confiance et le perfectionniste sont des caractères très présents chez les membres de ma famille et j'ai décidé que je devais régler ces problèmes, au moins les atténuer.. Je vous demande donc de l'aide en me donnant soit vos coordonnées pour un rendez-vous ou me conseiller quelqu'un que je pourrais rencontrer, pour me faire diagnostiquer et me fournir les outils nécessaires à ma guérison
:)...Sachez monsieur que je remercie le ciel :) qu'on m'ait incité à visiter votre site.... Merci de tous les efforts mis pour aider des gens comme nous, je dis nous car à moins de preuves contraires, je pense sérieusement faire partie de ces personnes ayant un déficit d'attention....
Céline, 2001

Presque pleurer
Bonjour
Docteur
Je viens de visiter votre site et j'en ai presque pleurer. J'ai des difficultés depuis mon enfance; on m'a diagnostiquée maniaco-dépressive, je suis présentement suivie pour une dépression, j'en suis à ma première perte d'emploi mais partout où j'ai travaillé, j'ai eu des problèmes et je suis finalement partie avant que l'on me fiche à la porte. J'ai obtenu un bacc en droit, de peine et de misère, et je n'ai jamais réussi à passer le Barreau. Maintenant je travaille à contrat mais j'ai l'estime de moi à -70!!
Mon psychiatre et moi (à ma demande) sommes en train de chercher des réponses du côté du déficit d'attention de l'adulte. Je me suis reconnue dans presque toute la description que vous faites du comportement d'un adulte atteint de ce problème.
J'ai fait imprimer le questionnaire et le remettrai à mon médecin. Enfin, j'ai l'impression que peut-être il y a un peu d'espoir. Pour le moment, je n'en voyais plus du tout et je commençais à me faire à l'idée que je devrais peut-être arrêter de travailler. Je trouve cela très difficile de recommencer à chaque fois. Je me sens très "looser".
Je dois vous dire pour finir que mes deux enfants ont été diagnostiqués déficit d'attention/hyperactivité.
J'aimerais beaucoup obtenir votre adresse pour communiquer avec vous si vous le permettez.
Merci et à bientôt peut-être! Pascale, 2002

Situations insolubles
Objet : adresses
Docteur,
Je suis plus que ravie et soulagée d'avoir découvert votre site, depuis des années je me pose énormément de questions sur moi-même et ma manière de fonctionner, sans en retirer de résultats. J'ai en plus tendance à m'embourber davantage dans des situations qui me paraissent insolubles.
J'ai été frappé par vos analyses sur le déficit d'attention chez l'adulte. Je suppose que vous devez savoir le soulagement qu'on éprouve à se reconnaître enfin dans quelque chose et de se dire qu'il existe peut-être une issue à tous ces maux qui au-delà de nous empoisonner, nous handicapent davantage dans la vie de tous les jours. Sans faire d'autodiagnostic, je peux vous assurer que je réunis beaucoup de critères du déficit d'attention. J'ai eu quasiment l'impression de lire ma vie dans vos textes.
J'ai continué à chercher d'autres sites discutant du même sujet et le vôtre est de loin le plus fourni. Cependant je cherche aujourd'hui des spécialistes, hors je réside en France, et je ne trouve aucune source d'adresses de professionnels à qui m'adresser dans la région parisienne.
Êtes-vous en mesure de me fournir quelques adresses sur Paris et sa région. J'ai été assez surprise de constater qu'il existe beaucoup de sites et/ou professionnels au Canada, quelques uns en Suisse, un seul en Belgique et quasiment rien en France.
Je vous serai gré de me répondre, merci tout de même pour tous ces éclaircissements, je vois déjà quelques rayons de lumière derrière la porte et çà c'est déjà un apport inestimable.
Bien à vous, Léa, 2002

Tel père tel fils
Repentigny, 29 août 1998
Madame Anne-Marie Simard, Directrice de l’information,
Monsieur Michel Gauquelin, Directeur général,
Magazine Québec Science
Madame/Monsieur,
La présente fait suite à l’article paru dans votre revue sur le Ritalin, article qui m’a profondément choqué.
J’ai 48 ans et je suis le père d’un enfant de 8½ ans atteint du trouble du déficit de l’attention (T.D.A.) ; j’ai moi-même été diagnostiqué, en février 1997, comme atteint d’un T.D.A. Je déplore vivement que votre revue n’ait pas su mieux faire la part des choses et qu’elle tombe dans le sensationnalisme en ne se reportant qu’à des cas exceptionnels et marginaux.
Ainsi, je pense que madame Simard aurait certainement pu parler du cas d’enfants pour qui le Ritalin, et les autres thérapies complémentaires, ont eu un effet extrêmement bénéfique. Il aurait aussi été utile qu’elle rapporte les propos de parents d’enfants atteints d’un T.D.A, avec ou sans hyperactivité, et pour qui le recours à la médication et aux autres thérapies leur a permis de retrouver une vie familiale plus harmonieuse et de voir grandir leurs enfants " en beauté et en sagesse ". En effet, les effets bénéfiques d’un traitement adéquat du T.D.A. ne se font pas sentir que chez l’enfant ; un tel traitement, qui devrait inclure différentes thérapies complémentaires, profite à toute la cellule familiale, aux ami(e)s de l’enfant et autres enfants de sa classe.
Même si je ne suis pas un expert du problème du T.D.A. et que je ne dispose pas de données à ce sujet, je peux être d’accord que, dans certains cas, il peut y avoir eu, et y avoir encore, abus dans l’usage du Ritalin, sans compter que le recours au Ritalin n’est qu’un " outil " parmi d’autres, avec les autres thérapies complémentaires, dans le traitement du T.D.A.
Par contre, je crois qu’il faut aussi se demander ce que serait la vie des enfants à qui le Ritalin aurait été bénéfique, mais qu’on leur a refusé pour toutes sortes de raisons, dont la peur des effets secondaires, effets secondaires qui ne sont pas mis en perspective avec les effets bénéfiques du Ritalin.
Le cas des deux enfants auxquels référence est faite me paraissent être des cas extrêmes. De plus, il ne faut pas, à mon avis, confondre le T.D.A. avec le trouble des conduites ou le trouble oppositionnel avec provocation. Cependant, la prise de Ritalin par notre fils a eu un effet bénéfique significatif sur sa tendance marquée à l’opposition/confrontation.
Le malaise que madame Simard dit n’avoir pu s’empêcher d’éprouver lorsque elle aurait observé Guillaume sous médication ne doit pas faire oublier ces milliers d’autres enfants ostracisés, mal-aimés, marginalisés, avec une estime de soi à zéro parce que, sans le Ritalin, il leur est impossible d’être suffisamment attentif à l’école pour pouvoir apprendre, suivre les consignes, que ce soit à la maison, à l’école ou lors d’activités organisées, et réfléchir le moindrement avant d’agir ou de parler, comme leur entourage le souhaiterait.
Pour ce qui est des effets secondaires possibles chez les enfants pour qui le Ritalin est nécessaire, doit-on, par analogie, refuser un " pace maker " ou un pontage cardiaque aux personnes souffrant de maladies cardiaques, sous prétexte qu’il y a certains risques inhérents à toute intervention chirurgicale? Doit-on les laisser mourir à cause de ces risques?
Un expert américain du T.D.A., Dr Edward M. Hallowell, donne comme exemple de l’effet du Ritalin, pour l’enfant qui en a besoin, celui des lunettes pour la personne qui souffre de presbytie ou de myopie. La volonté de voir ne pourra jamais lui permettre de bien voir si elle ne porte pas ses verres correcteurs. Il en est de même pour l’enfant qui a besoin du Ritalin. Le T.D.A. est avant tout un trouble neurobiologique qui n’a rien à voir avec la volonté pure.
Sans contester qu’il puisse y avoir des cas d‘abus dans l’usage du Ritalin, je me permets d’avancer quelques hypothèses sur un recours croissant au Ritalin :

Il ne faut pas confondre ce que madame Simard appelle la démission des parents avec l’usure de ces parents d’enfants atteints d’un T.D.A. et qui ne bénéficient pas, en raison de leur inexistence à peu près totale, des ressources leur permettant de prendre un peu de répit, ne serait-ce qu’une ou deux fins de semaine par année. En effet, il ne faut pas se leurrer; à peu près personne ne s’offre pour recevoir cet enfant tornade qui risque de tout briser, qui peut se blesser ou blesser quelqu’un à cause de ses étourderies et qui peut facilement dire tout ce qui lui passe par la tête. Et je ne parle pas des ami(e)s des parents qui disparaissent à cause du comportement de cet enfant atteint du T.D.A..
Il faut savoir que ces parents d’enfants atteints d’un T.D.A. non traité n’entendent que des critiques négatives sur leur enfant et en viennent, eux-mêmes, et bien malgré eux, à oublier les forces et les qualités de leur propre enfant en raison de tous ces commentaires négatifs provenant de l’école, de la parenté, des amis, etc. Que de fois n’a-t-on pas entendu quelqu’un dire : "Ah ! Si c’était mon fils, cela ne se passerait pas comme ça", ou encore : "Si ses parents faisaient preuve de plus de discipline, cet enfant ne ferait pas cela".
C’est pourquoi il est essentiel que la thérapie du T.D.A. englobe toute la cellule familiale, et que les parents soient bien informés de ce qu’est le T.D.A., et soient formés pour mieux vivre le T.D.A. de leur enfant, tout en l’aidant lui aussi.
Comme on semble avoir voulu provoquer les gens et inquiéter les parents d’enfants ayant un T.D.A. quand, dans la même phrase, on parle de " speed " et de cocaïne! Devrait-on refuser l’amélioration de la qualité de vie de l’enfant ayant un T.D.A. et de sa famille, sous prétexte qu’un abus pourrait mener au pire? … Ma réponse est non.
Évidemment, je ne peux pas ne pas être d’accord avec le fait qu’avant de prescrire le Ritalin à un enfant, il soit nécessaire qu’il soit bien évalué.
Notre fils avait cinq ans lorsque la monitrice de sa classe de pré-maternelle nous a dit croire qu’il pourrait être à propos que nous consultions afin de savoir s’il n’était pas atteint d’un T.D.A. Dans un premier temps, une psychologue du C.L.S.C. local a travaillé avec nous et notre fils. Puis, comme elle n’arrivait pas à une conclusion claire quant à un possible T.D.A., nous avons consulté auprès d’une clinique de pédopsychiatrie où notre fils a été suivi pendant plus d’un an, presque à chaque semaine, par un pédopsychiatre, pendant que nous, ses parents, avons rencontré, pendant trois ans, presque à chaque mois, une travailleuse sociale qui nous a aidés à mieux comprendre notre fils et ce qu’il vit.
De plus, selon le pédiatre de notre fils qui le suit depuis cinq ans, il était clair que notre fils allait être aidé par la prise de Ritalin qu’il prend depuis trois ans maintenant.
À nouveau, au printemps 1998, notre fils a été réévalué par l’équipe de la Clinique des troubles de l’attention de l’Hôpital Rivière-des-Prairies. Il doit, à l’automne prochain, entreprendre une thérapie visant à l’aider à mieux contrôler son impulsivité, à utiliser un processus adapté de résolution de problèmes et à être davantage attentif.
Lorsque notre fils a commencé à prendre du Ritalin, il était en maternelle. Il n’en prenait alors que deux doses de quatre heures chacune, soit de 08h00 à 12h00 et de 12h00 à 16h00, du lundi au vendredi. Il était alors comme un enfant à deux vitesses : une, normale, du lundi au vendredi, de 08h00 à 16h00, et une autre, élevée, après 16h00 ainsi que la fin de semaine où, par exemple, il n’arrivait, qu’avec la plus grande difficulté, à compléter son cours de natation du samedi, soit parce qu’il n’était tout simplement pas là, inattentif, soit encore parce qu’il était en retrait, étant trop dérangeant pour le groupe.
Avant qu’il ne commence à prendre du Ritalin, à l’automne 1995, notre fils, trois jours après le début de l’année scolaire, était " barré " dans l’autobus scolaire, s’était déjà retrouvé au bureau de la directrice de l’école et avait " brûlé " trois gardiennes en un mois.
Il est remarquable que, sur une période de trois ans, les deux autres fois où notre fils s’est retrouvé au bureau de la directrice furent lors d’oublis de lui administrer sa médication. La première fois, nous n’avons réalisé cet oubli que quatre jours plus tard; cependant, nous nous sommes alors très bien rappelés quelle journée cela avait été. La deuxième fois, son professeur s’est rendu compte qu’il n’avait pas eu sa médication du matin en constatant comment il était, comme à l’habitude, plus calme et plus attentif en après-midi, après avoir reçu sa médication au dîner.
Dès que notre fils eût débuté en 1ère année, soit à partir du moment où il a eu des devoirs et de l’étude à faire, ce fut l’enfer, les soirées de semaine se transformant en cauchemars. En effet, notre fils était absolument incapable de se concentrer suffisamment pour faire ses devoirs et leçons qui pouvaient prendre jusqu’à une heure et demie, deux heures chaque soir, alors que les autres enfants ne prenaient qu’environ 45 minutes et ce, sans compter les crises de nerfs ou de larmes de notre fils et des parents parce que nous ne comprenions pas encore alors que son attitude n’était pas due à de la mauvaise volonté de sa part, mais bien à une incapacité physique de se concentrer. Si notre fils réussit très bien à l’école, c’est fort probablement grâce au Ritalin qui l’aide à mieux se concentrer, ce qui lui permet de travailler aussi fort qu’il le fait.
Depuis son début en 1ère année, notre fils prend du Ritalin pour être " couvert " 12 heures/jour, sept jours/semaine, et profiter ainsi d’une vie où ses relations interpersonnelles, en dehors de l’école, sont beaucoup plus harmonieuses. Avant de prendre du Ritalin, notre fils, à cause de son impulsivité, était, à toutes fins pratiques, incapable de jouer avec des amis et souffrait énormément de cette solitude. Et je peux vous dire qu’en ce qui concerne son développement physique, il se situe au 75e percentile.
Je ne crois pas qu’un enfant atteint d’un T.D.A. est un enfant anormal, mais c’est très certainement un enfant différent des autres. Je parlerais même de handicap, mais non visible, à la différence d’un enfant handicapé physiquement. Et, dans ce sens-là, je ne peux que féliciter la Clinique des troubles de l’attention de l’Hôpital Rivière-des-Prairies, plus particulièrement docteur Claude Jolicoeur et madame Christiane Gravel, pour la formation de dix rencontres que cette clinique donne à l’intention des parents d’enfants ayant un T.D.A.
Avec le système de récompenses/conséquences enseigné lors de cette formation, nous avons redécouvert les grandes forces et qualités de notre fils qui, lui, par effet conséquent, a, de façon très significative, amélioré son comportement à la maison et son estime de soi, sans compter que nous nous sommes découverts une nouvelle compétence parentale.
Concernant l’affirmation de madame Simard à l’effet que, pour être atteint d’un T.D.A., il faille que les trois symptômes majeurs d’hyperactivité, d’impulsivité et des troubles de l’attention coexistent, elle me semble ajouter de la confusion à un problème déjà difficile à bien définir. En effet, le D.S.M.-IV indique que les troubles " déficit de l’attention et comportement perturbateur " regroupent les troubles suivants :

bulletTrouble de l’attention/hyperactivité avec les sous-types suivants :
bulletDéficit de l’attention/hyperactivité, type mixte
bulletDéficit de l’attention/hyperactivité, type inattention prédominante
bulletDéficit de type hyperactivité-implusivité prédominante
bulletTrouble du déficit de l’attention/hyperactivité, non spécifié

Or, à la section " Critères du diagnostic du trouble : Déficit de l’attention/hyperactivité ", le critère A est le suivant :

A. Présence soit de (1), soit de (2)

    1. six des neufs symptômes d’inattention indiqués;
    2. six des six symptômes d’hyperactivité et des trois symptômes d’impulsivité indiqué

Oui, il est vrai que certaines directions d’école peuvent ne pas en faire assez pour ces enfants. Oui, il est vrai que certains professeurs n’en font pas assez pour ces enfants qui dérangent et qu’ils souhaiteraient voir dans une autre classe que la leur. Oui, il est vrai que les écoles manquent de ressources spécialisées pour supporter les professeurs et aider les enfants. Oui, il est vrai que le Ritalin ne doit pas être le seul moyen thérapeutique utilisé. Oui, tout cela est vrai, mais cela ne justifie aucunement de faire peur aux gens et de condamner le recours au Ritalin pour tous ces enfants qui en ont vraiment besoin.
Je crois pouvoir vous parler d’expérience. Oui, pour certains, j’ai réussi. Je suis avocat (1974), j’ai un M.B.A. (1983) et j’ai complété ma scolarité de maîtrise en droit de la santé (1993). Mais à quel prix !
Ainsi, lorsque je faisais mon M.B.A., je me levais à 08h00 (endormi comme Guillaume ! ! !) et je me couchais, à 04h00 (par obligation de me lever quatre heures plus tard), le lendemain matin. Je suivais cet horaire à cause de mon inattention et de mon manque de concentration qui me faisaient perdre mon temps, mon esprit vagabondant d’un sujet d’intérêt à l’autre. À moins que ce ne soit par manque d’intelligence pourraient être tentés de dire certains ?
Aujourd’hui encore, parce que je n’arrive pas à mettre mon esprit à "off", hors-circuit, je dois me forcer pour aller me coucher, dormir étant vu comme une perte de temps.
La vie d’un adulte atteint d’un T.D.A. non diagnostiqué et non traité, particulièrement quand dominent l’inattention et la distractibilité, cela veut dire, par exemple, travailler plus longtemps et plus fort pour arriver au même résultat que les autres. La vie d’un adulte atteint d’un T.D.A. non diagnostiqué et non traité, particulièrement quand dominent l’irritabilité et l’impulsivité, cela veut dire, par exemple, avoir peu d’amis, avoir des relations interpersonnelles chaotiques et tendues, tant au niveau du couple, de la famille que du travail avec, par exemple, des pertes ou des changements d’emplois fréquents.
La vie d’une personne atteinte d’un T.D.A. non diagnostiqué et non traité, cela veut dire qu’on n’a que très peu d’estime de soi, de confiance en soi et qu’on est bien malheureux dans notre peau.
C’est cela que veut dire être atteint d’un T.D.A. non diagnostiqué et non traité.
C’est pourquoi, en attendant que tous les autres facteurs facilitants, que tous souhaitent évidemment, ne soient réunis et mis en place, je crois qu’au lieu de chercher à faire peur aux gens, de façon irresponsable à mon avis, quant à l’utilisation du Ritalin dans le traitement du T.D.A., il faille plutôt, à l’inverse, songer à tous ces enfants atteints d’un T.D.A. qui souffrent et souffriront toute leur vie parce que leurs parents auront eu peur de faire face à la réalité et d’entreprendre les démarches nécessaires afin que leur enfant puisse mieux faire face à son handicap, bien vivre sa vie, être bien dans sa peau et avec les autres.
Parce qu’il faut bien le dire : une personne atteinte d’un T.D.A. est une personne handicapée qui s’ignore jusqu’à ce qu’elle soit diagnostiquée comme telle. Par la suite, elle demeure une personne handicapée dont les autres ignorent ou refusent souvent de reconnaître le handicap, plus particulièrement s’il s’agit d’une personne adulte.
En terminant, je souhaite que plus de parents d’enfants atteints d’un T.D.A., et qui conservent eux-mêmes un T.D.A., soient enfin diagnostiqués et traités en conséquence. D’une part, cela leur permettra de jeter un peu de baume sur une vie, souvent, remplie de misères et qui leur aura demandé énormément plus qu’aux autres pour réussir et bien vivre leur vie. D’autre part, cela leur permettra de supporter leur enfant atteint d’un T.D.A. et de mieux l’aider à surmonter les difficultés qui attendent toute personne ainsi atteinte d’un T.D.A. et ce, afin que leur enfant n’ait pas, comme eux, ce sentiment profond et persistent de sous-réalisation qui est propre à la très grande majorité des adultes atteints d’un T.D.A. et qui n’ont pas été traités en conséquence.
Daniel Létourneau

Tel fils tel père
Bonjour docteur
Mon ex-conjointe, mère de mes enfants et amie, m'a imprimé quelques pages de votre site Internet sur les TDA parce qu'au départ le professeur de notre fils nous suggère d'investiguer son comportement. À chaque début d'année scolaire (il est en 4e), chacun des professeurs nous ont exprimé la difficulté du fils de suivre les consignes et le fait qu'il a tendance à déranger (il chante, il parle, il fait des grimaces).
Pourtant, à la maison c'est un enfant doux, calme et très sensible. Il a cependant de très bonne note et des aptitudes certaines en mathématique et une logique très développée. À 6 ans environ, il solutionne un problème de distance en voiture à l'aide d'une règle de trois. À la maternelle, il m'explique que 4 x 5 c'est la même chose que 2 x 10 !!!
Toujours est-il l'ex-conjointe que  me dit en me donnant les textes: "Regarde qui tu reconnaîtras". Je me dis que je reconnaîtrai ou non mon fils, qui d'autre? Eh! bien c'est moi que j'y ai vu, elle aussi. Je suis donc allé sur votre site pour lire les autres textes et les témoignages. J'ai complété le questionnaire de pré-évaluation. Mais que fait-on ensuite?
Je me sais intelligent. Je sais que j'ai de grandes capacités. Je n'arrive pourtant pas à réussir quoique ce soit. Ma vie est un cafouilli terrible. Je n'ai pas un sou devant moi, aucun revenu, et donc, un lot de problèmes qui va avec cette situation. Je suis incapable de travailler. J'ai des milliers d'idées, de projets et je sais pourtant que je suis incapable de les faire avancer.
Par exemple, depuis quelques mois, j'essai de faire un changement complet de carrière. Je me sens incapable de retourner travailler en informatique. Comme j'ai oeuvré depuis très longtemps au sein d'organismes à but non-lucratif et sur différents conseils d'adminstration, je me suis trouvé un organisme où je pourais être directeur général tout en ne subissant pas la pression d'un travail compétitif. Je n'ai aucun revenu pour l'instant de cet organisme, mais j'y développe des projets de financement pour faire démarrer l'organisme et créer mon emploi. Je me retrouve aussi mal pris qu'avant et tout aussi désorganisé. Je sais ce qu'il faut faire mais je me retrouve submergé par de trop nombreuses taches. J'ai toujours et encore de longues listes de choses à faire et n'y arrive pas (Plus les années passent, plus je me fais de ces listes).
J'ai toujours été (du moins depuis mon adolescence) motivé par les projets, qu'ils soient réalisables ou non. J'ai eu l'occasion à plusieurs reprises d'organiser des événements ou de créer de toutes pièces des nouveaux produits ou services. Pourtant je ne me suis jamais rendu jusqu'à en connaître les succès. J'écris de plus en plus. J'adore écrire. J'ai des tas de sujets qui me passionne. J'ai un projet de pièce de théâtre de commencé qui traite d'un monde meilleur. J'ai un livre qui traite des rapports humains de commencé. Est-ce un autre échappatoire? Pourrais-je être plus utile à la société en écrivant? J'aimerais donc m'assurer que mon fils ne suit pas mes traces de vie (isolement en classe, réussite scolaire dégressive) et j'aimerais aussi prendre soin de moi et accéder à une vie plus "normale". Quelle est ma prochaine étape? Qui dois-je consulter? Pouvez-vous nous recevoir mon fils et moi?

Merci de votre réponse et de votre aide, septembre 2001

Thanks
Objet : Thanks
Dear Claude
First I will like to thank you for all the helpful information in your WebPage. I am a 35-year woman, which for many years suffered for mild depression, frustration, and other features that you mentioned in your page, and then did not know what was wrong with me until I read you page and find out that, yes, I am a typical ADHD person.
So I was wondering if you be so kind to recommend to me some books or literature, or tips about this disorder.
Thank you in advance for all the help that you can provide me.
>Best regards
Marian, mai 2001

Une vie déprimante
Objet : A bout de force!
Monsieur
J'aimerais pouvoir vous consulter et si c'est vraiment impossible que
vous puissiez me référer à un confrère qui connaît bien le TDA. Je me suis
reconnue dans vos pages. Et avant de vous lire, j'étais perdue et je me
croyais seule dans cet état; j'ai trente-deux ans et j'ai grand besoin que ça
change, car je suis fatiguée de tourner en rond; une vie comme ça ne vaut tout simplement pas la peine d'être vécue, je ne réussis que ce que je peux faire de mes deux mains. Le reste est un véritable fiasco, et là où ça me fait le
plus mal, c'est d'avoir de la misère à rencontrer une personne qui meublerait
ma vie qui est déprimante. J'ai besoin d'aide, car il faut que ça change
Chloé, 2002
 

 

Claude Jolicoeur, m.d., 2002

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