Le Grand bleu, ou le monde de l'apnée, par Luc Besson
http://www.chez.com/defaut/apnee/film/bleu.html

Extraits du site web cité:

"Il y a 10 ans Le Grand Bleu sortait en salle, et devenait le film culte de toute une génération (plus de 10 millions de spectateurs l'ont vu à ce jour). Le tournage ne fut pas de tout repos pour le jeune réalisateur de Subway.

Le véritable point de départ, c'est un film, un documentaire sur Jacques Mayol (qui descendait déjà à 92 mètres). "Je me demandais comment Mayol arrivait à trouver à l'intérieur de lui suffisament de bonheur pour descendre dans des conditions aussi mauvaises, car il y a quand même beaucoup de pression, il fait très froid, je voulais savoir comment. Besson utilise aussi les traits caractériels d'Enzo Majorca qui refusa, en Italie, la sortie du film jusqu'en semptembre 2002, à 81 ans, estimant que l'image non-censurée auparavant lui était trop négative.."

Après avoir rencontré Jacques Mayol (dont il a trouvé le numéro de téléphone dans l'annuaire) à Marseille, Luc Besson part à la recherche de producteurs.
Luc Besson, Eric Serra, Jean Reno et Christophe Lambert partent en bateau faire le tour de la Méditerranée.
C'est sur ce bateau de 12 mètres que Luc, se réveillant tous les matins à 5 h 00, écrira le script du Grand Bleu.
Christophe Lambert fait son baptême de plongée...mais peu à l'aise avec le milieu marin, il attrape une otite (Luc veut lui proposer le rôle de Jacques, mais c'est mal parti , quand à Jean Reno, il sait déjà qu'il sera Enzo Molinari).
Il faut donc faire un casting! En France, cela ne donne rien, pas plus qu'à Rome (où on trouve néanmoins la mamma, Novelli...), New-York (le chauffeur de taxi), ou Los Angeles: les jeunes acteurs défilent, mais toujours pas de "Jacques" en vue.

En parcourant le magazine PREMIERE, Luc aperçoit la photo de Rosanna Arquette (photos pour la promotion du film" Recherche Susan Désespérément").Rosanna sera Johana ! Mais il reste encore à trouver le personnage principal. Luc pense alors à Gérard Lanvin, l'acteur est séduit, mais ne se sent pas capable de jouer le rôle.

A Londres, le casting continue, et un certain Jean-Marc Barr se présente, Luc Besson sait alors tout de suite qu'il a trouvé son Jacques Mayol. Le tournage peut enfin commencer... "

Fin de citation

Commentaires
Une histoire captivante, remplie d'images de vacances, des Îles grecs à la Côte d'Azur aux hauts plateaux du Pérou. Et présence de deux héros, amis et rivaux de la plongée sous-marine, dans le bleu profond de la mer.

L'un, hyperactif, provoque, affronte le danger pour le plaisir d'être le premier, l'unique. La vie doit être intense à chaque seconde, sans grande discipline ni égard aux risques. C'est le talent naturel brut. Seules comptent l'intensité, la gloire, les femmes d'un soir, et les copains de la fête permanente.

L'autre contemple et parle à la mer, comme s'il lui appartenait. L'humanité ne l'intéresse pas trop. Elle le dérange, dans son monologue silencieux à l'univers des profondeurs. Il vit dans une cage que lui seul peut ouvrir. Il sera capable d'action extrême, mais moins pour épater la galerie, que vivre le plaisir pur de la plongée, sans souci du danger en soi, mais une discipline robotique, innée. C'est un être sensoriel. Il dépasse les limites usuelles du corps, parce qu'il n'a pas la capacité de le sentir, et ainsi lui porter attention. Le corps doit suivre; il est un outil ou une mécanique. La plongée profonde permet de retrouver le plaisir intense du vide, au risque de la vie. La peur n'existe pas.

Sans notion des traits de l'hyperactivité ou de l'autiste, le film n'a aucun sens. Il n'est qu'amalgame d'actions diverses, sans liens profonds. Cette histoire, quoique imaginée par le cinéaste, semble-t-il, s'inscrit dans les traits du caractère excessif, d'un Jacques Mail idéalisé et divisé en double personnage. Bien que l'artiste puisse facilement imaginer un monde qu'il ne connaît pas, il se sert de modèles initiaux, de copies qu'il arrange à ses fins.

 

Claude Jolicoeur, m.d.
Montréal, 2001